Le château de mon père

C’est en 1962 que Le Châtelet, situé dans la campagne de Thilouze (37), fut classé Monument historique. Dans la même famille depuis 250 ans, ce château construit en 1520 connaît aujourd’hui une nouvelle vie tant attendue et imaginée. Rencontre avec deux rêveurs entrepreneurs, Véronique et Grégoire Le Lasseux.

Véro & Grégoire 2

Véronique hérite du Châtelet, en 2006, à la mort de son père, François de Lannoy, qui toute sa vie durant rêve de restaurer ce château familial : il reçoit et garde précieusement du mobilier d’époque. Pièces haute époque qui ont trouvé leur place aujourd’hui, après huit ans de travaux, au Châtelet : un coffre Renaissance ou encore des sièges Louis XIII… Véronique, diplômée en histoire de l’art, raconte cette renaissance : « Grâce à mon père qui m’a transmis l’histoire de ce château, l’amour de la pierre et du patrimoine, grâce à la volonté et aux multiples talents de Grégoire, nous avons mené ensemble huit années de travaux, dont la majeure partie a été réalisée par nous-mêmes. » Compétences que Grégoire, habile de ses mains depuis son plus jeune âge, à lui-même acquises aux côtés de son propre père.

travaux

Avant le XVIe siècle, on ne connaît du Châtelet que ses propriétaires successifs. Vers 1520, un noble, René Gallebrun, s’installe au Châtelet. Il fait bâtir ou reconstruire, sur une ancienne motte médiévale, le Châtelet tel qu’il nous apparaît actuellement. Son architecture s’inspire de motifs Renaissance – notamment coquilles et pilastres – mais se rattache encore à la fin du Moyen Age avec ses bouches à feu, les rainures du pont-levis, ses douves… La chapelle, la partie la plus ancienne, repose sous une voûte en croisées d’ogives ornée du blason de René Gallebrun : un lion couronné de 5 roses. A l’époque de René Gallebrun, existaient aussi un moulin à vent, pour moudre la farine de la cuisine du Château, ainsi qu’un bâtiment à colombages.

L’arrière-arrière-arrière-arrière grand-père de Véronique, Alphonse Mingot, notaire, en devint propriétaire. Le Châtelet se transmet surtout par les femmes : sa fille, Louise Mingot, épouse J.-F. Pilot ; sa petite-fille, Louisa Pilot se marie avec Gaston de Lannoy, l’arrière-arrière grand-père de la propriétaire actuelle. Ce Château ne deviendra qu’un simple rendez-vous de chasse, mais sera préservé des reconstructions et remaniements. D’ailleurs, il y eut un projet en 1880 qui, fort heureusement, n’a jamais vu le jour.

Balzac connaissait probablement le château puisqu’il mentionne, dans Les Illusions perdues, une certaine Madame du Châtelet. En outre, Saché ne se situe qu’à quelques kilomètres. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Châtelet accueille Loys Masson, poète de la Résistance et ami de louis Aragon. Loys Masson s’y est caché pendant plus d’un an, en 1943-1944, approvisionné par la famille Siroteau habitant la ferme du Château. Il y a écrit un livre, La Douve, dans lequel il raconte de façon romancée sa vie au Châtelet. Et pour la petite histoire, François de Lannoy avait gardé le lit de camp de Loys Masson. Le Châtelet ouvre ses portes pendant les Journées européennes du Patrimoine. Ce monument historique restauré accueille, aujourd’hui, pour la nuit touristes et amateurs de belles pierres. Là, le temps semble s’être arrêté…

Le Châtelet
Tarif des suites : 145 €  la nuit – petits déjeuners et taxes inclus – pour 2 personnes. 20 € le lit supplémentaire
Chaque suite offre une première tourelle  avec une baignoire, une deuxième avec double vasque, et une troisième avec une petite chambre. Elle offre une vue sur les douves et dispose d’une cheminée, de chauffage au sol, d’un lit à baldaquin et de meubles d’époque. Le petit-déjeuner vous sera servi chaque matin dans la salle-à-manger. Parking privé et gratuit. Connexion Wi-Fi gratuite.
L’aéroport de Tours-Val de Loire se trouve à 25 km.
Fermeture mi-octobre et réouverture mi-mars
Tél : 07 81 15 32 97
lechatelet@hotmail.fr
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